16/11/2006 - Comme une envie de...
... tout plaquer !
Ras le bol, en ce moment c'est la merde au boulot. Malgré la réduction de personnel dans notre service, il faut toujours qu'on aille dépanner ailleurs ! Et quand nous on trime à se jeter par la fenêtre tellement on en a ras le cul, personne ne vient nous aider.
L'administration nous fait chier, on nous demande toujours plus et au final on a rien.
Rien ? Si, une santé qui se dégrade, de l'énervement, de l'agacement et ça se ressent auprès des patients qu'on envoie chier pour un rien.
Le pire, LE PIRE ! c'est qu'au lieu qu'on se soutienne mutuellement dans l'équipe, on se tire dans les pattes.
Ce sera à celle qui dira le plus de méchancetés sur le dos de l'autre.
Ca me tue... On est une équipe, on est là pour faire fonctionner un service, pourquoi ne pas le faire en se serrant les coudes?
Ce genre de chose me donnent envie de vomir. Je bosse presque à reculons, j'ai parfois envie de tout plaquer pour aller voir ailleurs.
C'est le deuxième post de ce blog, mais ce ne sera pas le dernier qui traitera de ce putain de boulot si merveilleux aux yeux des gens qui est la profession d'infirmière.
21/11/2006 - Du n'importe quoi...
A la fin de l'année, nous avons une de nos collègues qui va démissionner, pour aller rejoindre son concubin dans le sud de la France, où elle fera de l'intérim.
Quand elle a eu son entretien d'évaluation avec la cadre, elle a su qu'elle devait être remplacée soit par un infirmier, soit par une infirmière qui avait déjà un peu d'expérience professionnelle derrière elle.
On a eu une étudiante qui a passé un mois de stage dans notre service quand elle était en deuxième année, elle est revenue l'année d'après pour faire son stage pré-professionnelle pour deux mois.
quand elle a su qu'une place allait se libérer, elle a prévenue le cadre du service ainsi que le cadre supérieur qu'elle était interressée.
Résultat, hier, on apprend qu'elle n'a pas de poste sur l'hôpital, qu'elle n'était pas prise dans notre service, soit disant qu'elle était trop douce, que c'est une femme qui va venir dans notre service, nouvellement diplômée à la fin du mois si tout va bien pour elle !
Mon oeil oui ! Elle n'a sûrement pas été retenue parce qu'elle était acceptée par nous toutes, on s'entendait trop bien avec elle, et ça, ça énerve les gens que l'équipe s'etende bien...
Mais on appris que la nouvelle qui allait arriver était enceinte ! Donc on va la former, elle va être en arrêt maternité, et une personne en arrêt mater n'est pas remplacée.... Donc on l'a encore vous le savez où !
M'enfin bon, on ne refera pas le monde...
26/11/2006 - Le cycle d'une vie...
Actuellement je travaille de nuit, pour remplacer une de mes collègues qui est en arrêt maladie.
Dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai accueilli un patient en phase terminal d'un cancer. Quand il est arrivé dans le service, je ne l'ai pas trouvé terrible. Ca se voyait que la fin était proche pour lui.
Dans la journée du samedi l'anesthésiste est passé. On a pour consigne de ne pas faire de réanimation s'il y avait un problème.
Nuit du samedi à aujourd'hui : l'état de ce patient s'est dégradé. Il a un teint encore plus gris que la nuit dernière. Il chauffe, il s'encombre, ses pulsations sont élevés et sa concentration d'oxygène dans le sang diminue malgré ce qu'on lui apporte.
Je demande donc l'avis de la cadre de nuit pour savoir ce que je peux faire sans aller à l'encontre du souhait du patient et de sa famille. Elle aussi trouve le sujet délicat, elle m'envoie donc m'adresser à l'interne de chirurgie qui me dit d'augmenter légèrement l'apport d'oxygène et il va se renseigner également de son côté.
Il me rappelle plus tard pour que j'aille chercher conseille auprès de l'interne d'anesthésie si je rencontre d'autres problèmes, mais tout va "bien", le patient somnole et souffre moins.
Cette après-midi notre anesthésiste va rencontrer la famille de ce patient. C'est lui qui sera de garde cette nuit. Je me sens plus rassurée de savoir que c'est lui que je vais appeler si j'ai un soucis.
Mais ce que je n'accepterai jamais dans ce boulot, c'est la mort. Ne rien faire, voir quelqu'un passer dans l'autre monde sans pouvoir faire quelque chose pour l'en empêcher c'est dur. La seule chose qu'on puisse faire, c'est de soulager sa douleur.
J'essaie de me dire que ce sera un soulagement pour lui, mais j'ai du mal à l'accepter.
Je souhaite tout simplement ne pas l'affronter cette nuit, car je ne sais pas si je pourrais le supporter...
27/11/2006 - Soulagement...
C'est malheureux à dire, mais je suis soulagée que le patient dont j'ai parlé dans le dernier post soit décédé. Au moins il ne souffre plus.
Cela s'est passé hier après-midi, vers 15h. Les antalgiques ont été augmentés pour pallier à sa souffrance, il s'est endormi pour ne plus jamais se réveiller.
Je suis soulagée également car je n'ai pas eu à attendre cette mort tant redouté cette nuit. Comme je l'ai dit, je ne crois pas que je l'aurai supporté, j'aurai surement pleuré, tout comme l'étudiante de première année, qui fait son premier stage, et qui est confrontée pour la première fois à la mort.
Paix à son âme, qu'il se repose enfin.